Schneider Electric s'offre l'américain PTC pour plus de 20 milliards d'euros. Le titre chute de 10 % et entraîne le CAC 40
Schneider Electric a annoncé lundi 5 octobre l'acquisition de la totalité du capital de PTC, éditeur américain de logiciels de conception et de gestion industrielles, à 205 dollars par action en numéraire. La prime est de 42,3 % sur le dernier cours de clôture de PTC. Selon les médias, cela représente environ 20,1 milliards d'euros de fonds propres, et une valeur d'entreprise de 23,7 milliards de dollars, dette incluse. C'est la plus grosse opération de l'histoire du groupe, qui avait acheté Aveva en 2023 pour près de 11 milliards d'euros. La finalisation est attendue d'ici le troisième trimestre 2027, sous réserve des autorités de la concurrence. En Bourse, le titre a cédé près de 10 %, à environ 273 euros, selon Moneyvox et Boursorama. BFM Bourse estime que cette chute explique à elle seule près de 0,85 point du recul du CAC 40, qui a fini à 7 834,10 points, soit −0,80 %. Paris a fait moins bien que Francfort, stable, et que Milan, en hausse de 0,7 %.
Schneider est une des grandes capitalisations de la Bourse de Paris : quand elle vacille, l'indice vacille. L'opération dit aussi quelque chose de la stratégie industrielle européenne : des électriciens deviennent des éditeurs de logiciels pour vendre des usines « numériques ». Le marché doute de la facture et de la capacité à intégrer l'américain.
Si vous détenez un fonds actions ou un plan d'épargne en actions investi sur le CAC 40, vous portez indirectement du Schneider.
Un achat stratégique : les logiciels de conception sont au cœur de l'usine du futur, et Schneider se donne un avantage face à ses concurrents américains et allemands.
Une prime de 42 % pour un éditeur logiciel que l'IA pourrait bousculer, financée en partie par de la dette dans un marché des taux tendu : le prix paraît élevé et les marchés l'ont sanctionné.
Jugez l'opération à deux chiffres : le niveau de dette qu'annoncera Schneider à ses résultats trimestriels, et le cours du titre dans deux semaines. Une chute de 10 % le jour de l'annonce est souvent partiellement rattrapée si le groupe rassure sur le financement.
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