Lycéens : l'« acte V » rassemble entre 161 500 et 480 000 manifestants, un policier est mis en examen à Tours
Mardi 13 octobre, l'« acte V » de la mobilisation lycéenne a rassemblé 161 500 personnes selon le ministère de l'Intérieur et 480 000 selon les organisateurs (BFMTV, Ouest-France). Greta Thunberg était présente dans des cortèges (Reuters, Le Figaro) ; le défilé parisien s'est terminé dans la violence (Le Parisien). Le parquet de Tours a annoncé la mise en examen d'un policier pour « violences aggravées » : un lycéen de 16 ans a perdu l'usage d'un œil le 30 septembre, en marge d'une manifestation, et sa famille avait porté plainte le 4 octobre (Le Monde, France 24, franceinfo). Le policier est sous contrôle judiciaire, avec interdiction de porter un LBD ; un autre policier est témoin assisté. Le ministre de l'Intérieur a cité 36 enquêtes de l'IGPN, dont quatre pour « blessures mutilantes ». Plus de 200 élèves ont été blessés depuis le début du mouvement (20 Minutes) et plus de 6 800 personnes placées en garde à vue (franceinfo).
Le mouvement, parti de revendications sur les moyens de l'école, s'est déplacé vers la question du maintien de l'ordre. La mise en examen à Tours donne une première suite judiciaire à ces plaintes, et elle intervient alors que le budget 2027 s'ouvre à l'Assemblée avec des suppressions de postes d'enseignants.
Si vous avez un enfant au lycée, des blocages et des manifestations restent possibles dans les prochains jours : un appel à manifester le 17 octobre est évoqué par BFMTV et la CGT appelle à la grève le 5 novembre. Jeudi, les représentants des mouvements doivent être reçus par le ministre de l'Éducation.
Pour les lycéens et leurs soutiens, les violences policières sont au cœur de la mobilisation, et la mise en examen confirme que les plaintes peuvent aboutir.
Pour une partie de la droite, citée par BFMTV (Jean-Philippe Tanguy, RN), il faut faire payer la facture aux casseurs et prévenir les dégradations ; Le Figaro juge que le mouvement s'essouffle malgré l'activisme d'une minorité.
L'écart entre 161 500 et 480 000 ne se tranche pas avec les sources disponibles : c'est une bataille de chiffres, pas un fait établi. Le fait solide du jour est judiciaire : un policier mis en examen, et trente-six enquêtes de l'IGPN. À suivre : la réunion de jeudi avec le ministre, et ce qu'elle contient en moyens budgétaires.
DailyDrop Édition France N° 10 · Édition du matin · mer. 14 oct. 2026