Nobel de la paix pour Navi Pillay, ancienne juge de la justice internationale. Quelques heures plus tard, Washington sanctionne la CPI
Le prix Nobel de la paix 2026 a été attribué vendredi à la Sud-Africaine Navanethem « Navi » Pillay, 85 ans (Reuters, AP, Le Monde). Elle a siégé au Tribunal pénal international pour le Rwanda dans les années 1990 et a présidé une commission d'enquête de l'ONU qui a jugé qu'un « génocide » se déroulait à Gaza, rappelle Le Monde. Le Quai d'Orsay a salué une « figure de la lutte contre l'apartheid » et une avocate des droits humains (Le Figaro). Quelques heures plus tard, les États-Unis ont annoncé des sanctions contre la Cour pénale internationale (Reuters en exclusivité, AP, Le Monde, Le Figaro, RFI, BBC). Washington invoque la défense de la souveraineté américaine et de ses citoyens. La Cour dénonce une « attaque contre l'État de droit » et son procureur affirme que le travail continuera (Reuters). L'Union européenne juge les sanctions « profondément regrettables » et promet d'aider l'institution (Le Monde). Le Figaro relève que la Cour, soutenue par 125 États, serait visée par une volonté américaine de la « démanteler brique par brique ».
La coïncidence de la distinction et des sanctions met en scène un affrontement entre deux conceptions de l'ordre mondial : une justice internationale que des États défendent, et une Maison-Blanche qui refuse qu'elle juge ses ressortissants ou ses alliés. Les Européens, dont la France, sont appelés à dire s'ils protègent la Cour.
Aucun effet direct sur votre quotidien. L'enjeu concerne les enquêtes sur les crimes de guerre, que l'on pense à Gaza, à l'Ukraine ou au Soudan, et la capacité de la Cour à travailler si ses comptes et ses employés sont visés.
Les sanctions sont présentées par Washington comme une défense de sa souveraineté : aucun tribunal extérieur ne devrait poursuivre des Américains.
Frapper une cour établie par traité, soutenue par 125 États, quelques heures après un Nobel pour son action, revient à l'étouffer, disent la Cour et ses soutiens.
Regardez la liste précise des personnes et des entités visées, que les sources consultées ne détaillent pas, puis la réponse concrète de Paris et de Bruxelles : une déclaration ne protège pas des comptes bancaires.
DailyDrop Édition France N° 6 · Édition du matin · sam. 10 oct. 2026