Dans la nuit de mardi 13 à mercredi 14 octobre, des frappes russes ont visé le réseau énergétique ukrainien, dont les trois centrales thermiques de Kiev (Le Monde, Kyiv Post). Six morts au moins sont recensés (France 24, CBS News ; sept selon franceinfo) et Volodymyr Zelensky parle de 600 000 personnes sans électricité. La Russie a frappé alors que Donald Trump avait appelé à une trêve sur l'énergie ; le Kyiv Post, seul, rapporte que le Kremlin juge cette trêve jamais définie. Mercredi, une frappe de drone a fait au moins six morts à Loutsk (Le Figaro, BFMTV), et trois personnes sont mortes dans la nuit suivante dans l'oblast de Kirovohrad (Le Monde). Kiev dit n'avoir reçu aucune alerte pour la deuxième nuit consécutive et reproche aux États-Unis de ne pas partager leurs renseignements (RFI, franceinfo) ; CBS News écrit qu'ils les ont peut-être retenus. L'Ukraine accuse aussi SpaceX d'avoir bridé Starlink et Starshield, ce qui perturbe ses drones (Reuters, DW, PBS) ; Elon Musk renvoie la décision au gouvernement américain. Volodymyr Zelensky, à Londres, se dit « trahi » par l'accord de Donald Trump sur le gazole russe tout en comptant sur le partenariat américain (BFMTV, franceinfo, Le Monde).
La défense aérienne et les drones de l'Ukraine reposent sur des informations et des réseaux fournis par des acteurs américains. Si ces appuis se réduisent, l'Europe devra combler le vide, et la guerre de l'énergie à l'approche de l'hiver pèse directement sur la population civile. Le désaccord entre Washington et Kiev, au moment où l'accord sur le gazole russe se précise, expose aussi les divisions occidentales.
Pour un lecteur français, l'enjeu est la sécurité de l'Europe, qui devrait assumer une part plus lourde du soutien, et le prix de l'énergie, sensible au dossier du gazole russe. Nos sources ne donnent pas de conséquence directe et immédiate sur la facture : l'effet passerait par le pétrole et par les choix européens sur l'aide militaire.
Pour Kiev et ses soutiens européens, priver l'Ukraine d'alertes et d'outils militaires pendant que la Russie frappe son réseau électrique revient à l'affaiblir, et l'accord sur le gazole récompense Moscou. Giorgia Meloni y voit un « choix très risqué » (Reuters).
Pour l'administration Trump, selon Reuters, l'accord sur le gazole doit ramener Moscou à la table des négociations. Sur Starlink, Elon Musk renvoie la décision au gouvernement américain sans en donner les raisons.
Trois questions restent ouvertes : qui a décidé de brider Starshield et pourquoi, ce que Washington a réellement cessé de transmettre, et si les contrats sur le gazole seront signés comme l'annonce le Kremlin. Tant que Washington n'a pas répondu en détail, traitez les accusations de Kiev comme des accusations, et suivez ce qui se vérifie : les coupures de courant, le nombre de nuits sans alerte, les signatures de contrats.
Le Monde · Le Figaro · France 24 · RFI · franceinfo · BFMTV · 20 Minutes · Ouest-France · Reuters · CBS News · DW · PBS · BBC · The Hill · Kyiv Post · Japan Times · Financial Times (14-15 oct.)
Frappes sur les trois centrales de Kiev, sans alerte : Zelensky accuse Washington et se dit « trahi »Frappes sur les trois centrales de Kiev, sans alerte : Zelensky accuse Washington et se dit « trahi »
La Russie a visé l'énergie ukrainienne malgré l'appel de Donald Trump à une trêve, et Kiev reproche aux États-Unis de ne plus l'avertir des tirs ni de la laisser employer Starlink comme avant. Les raisons de ces restrictions ne sont pas établies.
Dans la nuit de mardi 13 à mercredi 14 octobre, la Russie a de nouveau frappé l'Ukraine, d'abord son réseau énergétique. Selon Le Monde, les trois centrales thermiques de Kiev ont été visées, quelques jours après l'appel de Donald Trump à une trêve sur l'énergie ; le Kyiv Post parle de missiles balistiques et d'autres sites touchés dans les régions voisines. Six personnes au moins sont mortes (France 24, CBS News ; franceinfo en compte sept), et Volodymyr Zelensky évoque 600 000 personnes privées d'électricité. Il a dénoncé « une démonstration de mépris de la Russie envers l'Amérique » (Le Monde). Seul le Kyiv Post rapporte la réponse du Kremlin : cette trêve n'aurait jamais été précisément définie. Mercredi, une frappe de drone a tué au moins six personnes et en a blessé douze à Loutsk, dans l'ouest du pays, région rarement visée (Le Figaro, BFMTV). Dans la nuit de mercredi à jeudi, trois personnes sont mortes dans l'oblast de Kirovohrad, selon l'administration militaire locale citée par Le Monde.
Pour la deuxième nuit consécutive, la population n'a pas été alertée à l'avance (RFI, Reuters). Kiev met en cause ses alliés américains, qui ne lui auraient pas transmis leurs renseignements sur les tirs (RFI, franceinfo) ; CBS News écrit que l'administration Trump « a peut-être » retenu ces avertissements. Nos sources ne rapportent aucune réaction américaine. En parallèle, l'Ukraine accuse SpaceX d'avoir bridé l'usage militaire de Starlink et de Starshield, sa version militaire, ce qui perturbe ses drones (Reuters, DW, PBS). Des sources ukrainiennes citées par BFMTV disent que la connexion se coupe au-delà de 160 km/h, ce qui pénalise les drones rapides. Elon Musk renvoie la décision au gouvernement américain (20 Minutes, Ouest-France, BBC, The Hill) ; Kiev dit avoir subi ces limites sans préavis. Le Japan Times, seul à le rapporter, cite un haut responsable ukrainien selon lequel Washington avait menacé de cesser ces renseignements.
Mercredi, Volodymyr Zelensky était à Londres, reçu à Downing Street par le Premier ministre Andy Burnham (RFI, BFMTV). Dans un entretien avec Piers Morgan, dont des extraits ont circulé le soir même, il dit se sentir « trahi » par les récentes annonces de Donald Trump, notamment l'accord sur le gazole russe, et juge « douloureux » de voir le président américain « choisir un camp, pas le nôtre » (BFMTV, franceinfo, Reuters). Il assure pourtant « compter sur le partenariat » avec les États-Unis (BFMTV, Le Figaro). Le Kremlin affirme que les contrats de livraison seront signés « dans les tout prochains jours » (Le Figaro, BFMTV) ; la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, y voit un « choix très risqué » (Reuters). Le Financial Times, repris par Reuters, ajoute que les négociateurs américains ont évoqué à Miami un dégel d'une partie des avoirs russes pour relancer les pourparlers, ce que des responsables européens ont refusé.