Lundi 12 octobre, l'Union européenne a adopté près de 1 600 nouvelles inscriptions sur ses listes de sanctions contre la Russie (Reuters). Le Temps compte près de 1 650 noms, un record depuis le début de la guerre, et le Kyiv Post 1 646. Selon ce dernier, ils visent les chaînes d'approvisionnement de missiles, des fabricants de drones, des chantiers de sous-marins, 77 personnes liées aux scrutins organisés dans les territoires ukrainiens occupés et sept entités ou personnes nord-coréennes. Kaja Kallas a estimé que « le moment n'est pas venu de relâcher la pression sur Moscou » (BFMTV), et les Européens discutent de restrictions de visas pour les Russes (Le Monde). Lundi aussi, Volodymyr Zelensky a accusé la Russie de violer la trêve énergétique annoncée par Donald Trump, après la frappe d'une centrale thermique à Kharkiv (Reuters, Straits Times). Le Kremlin a rejeté l'idée ukrainienne d'un cessez-le-feu de soixante jours pour tenir des élections, réclamant un accord de paix global (Reuters, Straits Times). Washington défend son accord sur le gazole russe malgré les critiques d'élus des deux partis (Reuters, USA Today, PBS).
Les sanctions sont l'un des rares leviers européens sur la guerre, et leur ampleur montre que l'Union poursuit la pression même quand Washington cherche un canal avec Moscou. Le désaccord transatlantique sur le gazole et l'incertitude sur la trêve énergétique pèsent sur la cohésion des Occidentaux et sur la capacité de l'Ukraine à passer l'hiver.
Les prix du carburant en France dépendent en partie de ce dossier. Le Premier ministre a promis une baisse du gazole dès le 1er novembre grâce aux stocks stratégiques, mais une escalade ou, à l'inverse, une vraie trêve sur les raffineries et les centrales jouerait sur les cours du pétrole, donc sur la facture à la pompe.
Pour les partisans de l'accord sur le gazole, il peut ramener Moscou à la table des négociations : trois sources ont dit à Reuters que Washington y voit un moyen de relancer des pourparlers de paix.
Pour ses détracteurs, républicains compris, il offre des recettes à Moscou sans contrepartie vérifiable : PBS note que les volumes sont trop modestes pour faire baisser les prix, mais assez pour aider à financer la guerre.
Un record de sanctions ne dit rien de leur efficacité : le Temps rappelle que la guerre hybride, faite de sabotages et d'attaques sans signature, échappe aux listes. Trois choses à suivre : la réponse du Kremlin à la trêve, un éventuel arrêt vérifié des frappes sur l'énergie, et le sort de l'accord sur le gazole au Congrès.
Reuters · Le Temps · Kyiv Post · Le Monde · BFMTV · RTS · 20 Minutes · Straits Times · PBS · USA Today (12 oct.)
L'Union européenne adopte près de 1 600 nouvelles sanctions contre la Russie, un record, alors que Kiev accuse Moscou de violer la « trêve énergétique » de TrumpL'Union européenne adopte près de 1 600 nouvelles sanctions contre la Russie, un record, alors que Kiev accuse Moscou de violer la « trêve énergétique » de Trump
Lundi, Bruxelles a élargi sa liste noire visant la guerre menée par la Russie. Le Kremlin a écarté l'idée ukrainienne d'un cessez-le-feu de soixante jours, et l'accord américain sur le gazole russe divise jusque dans le camp de Donald Trump.
Lundi 12 octobre, l'Union européenne a adopté près de 1 600 nouvelles inscriptions sur ses listes de sanctions contre la Russie (Reuters). Le Temps compte près de 1 650 noms, « un record depuis le début de la guerre », et le Kyiv Post 1 646. Selon ce dernier, le paquet vise les chaînes d'approvisionnement de missiles, des fabricants de drones et des chantiers de sous-marins, ainsi que 77 personnes impliquées dans les scrutins organisés dans les territoires ukrainiens occupés et sept entités ou personnes nord-coréennes. « Le moment n'est pas venu de relâcher la pression sur Moscou », a déclaré la cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas (BFMTV). Les Européens discutent aussi d'une restriction des visas pour les ressortissants russes (Le Monde). Le Temps note que la guerre hybride, faite de sabotages et d'attaques sans signature, complique la tâche de Bruxelles : comment sanctionner ceux qui se cachent derrière. De son côté, Moscou affirme avoir vendu pour 320 milliards de dollars d'hydrocarbures à l'Europe depuis 2022 (Le Figaro, Ouest-France), un chiffre russe que ces médias ne vérifient pas.
La trêve annoncée dimanche par Donald Trump reste incertaine. Lundi, Volodymyr Zelensky a accusé la Russie de la violer, après la frappe d'une centrale thermique à Kharkiv (Reuters, Straits Times), et affirmé que l'Ukraine « répondra » si Moscou ne la respecte pas cet hiver (RTS, 20 Minutes). Moscou refuse de confirmer son entrée en vigueur (RTS). Le Kremlin a aussi rejeté l'idée de Kiev d'un cessez-le-feu de soixante jours pour organiser des élections, en réclamant un accord de paix global (Reuters, Straits Times) ; selon le Kyiv Post, il n'offre qu'une trêve d'un jour, celui du scrutin. À Kiev, une attaque de drone contre un immeuble de 25 étages a fait un mort et onze blessés, selon le maire, Vitali Klitschko (Le Monde). Donald Trump a dit penser que « Poutine veut conclure un accord plus que Zelensky » (BFMTV).
L'accord sur le gazole, qui autorise des exportations russes de carburant, est contesté des deux côtés de l'Atlantique : Donald Trump le défend alors que des élus des deux partis s'en plaignent (Reuters, USA Today). Trois sources ont dit à Reuters que Washington y voit un moyen de ramener Moscou à la table des négociations ; la Russie pourrait exporter jusqu'à 3,5 millions de tonnes de diesel par mois d'ici la fin de l'année (Reuters). Ces volumes sont modestes et ne devraient pas faire baisser les prix, mais les recettes aideront Moscou à renflouer ses caisses de guerre (PBS).